Remise des Bourses 2004
Le Haut-Karabagh est une ancienne république soviétique qui a autoproclamé son indépendance en 1992 et qui est en cessez le feu avec ses voisins depuis 1992.
Autant dire que la situation économique et politique est précaire … ce qui ne facilite pas la mission de SCRIBE-Paris.
En effet les banques locales ne sont absolument pas fiables : elles peuvent fermer du jour au lendemain ou, émanant de la mafia locale, s’avèrent peu recommandables. Pour éviter toute déperdition d’argent par le biais d’intermédiaires, l’association a dès l’origine ressenti la nécessité d’une remise en mains propres des bourses sur place.

En effet, depuis 3 ans, des membres de l’association se rendent à Stepanakert afin de :
- pérenniser l’action de SCRIBE-Paris
- assurer sa visibilité au Haut-Karabagh
- sécuriser la remise des bourses
- sensibiliser les membres de l’association aux réalités d’un pays si différent du nôtre
- rendre leur engagement en France plus concret à leur retour par le lien ainsi créé.

C’est ainsi que cette année Sabine et Sophie se sont rendues sur place. Au programme : découverte de l’Arménie et du Haut-Karabagh, remise des 18 bourses en présence des caméras locales, rencontre avec le ministre de l’Education et bien sûr, toute la richesse des imprévus et des contacts à lier sur place …

14 août 2004, Aéroport de Roissy, départ de Sabine et Sophie, Direction Yerevan (capitale de l’Arménie) via Moscou par Aéroflot. Pas de vol direct pour le Haut-Karabagh !
« Tout problème a sa solution », voici la devise que Janik illustra à maintes reprises de France ou d’Arménie pour solutionner nos petits ou nos grands soucis de voyage.
Ici, par exemple, au fin fond du sud de l’Arménie, voici Sabine au téléphone dans un bureau de poste en train d’organiser la suite de notre séjour.
En route vers le Haut-Karabagh … Comme partout dans ce pays, la route est jalonnée de magnifiques églises du début de l’ère chrétienne. Ici IVème siècle.
Aléas du voyage : la tourista !!! ...
No comment.
Frontière arméno-azéri, Astrik, notre correspondante vient nous conduire vers Stepanakert, la capitale du Haut-Karabagh. Le couloir de Latchine à traverser et nous atteindrons le but de notre voyage : Stepanakert.
A Stepanakert, nous habitons chacune dans une famille, qui nous permet de découvrir l’extrême convivialité et générosité de l’hospitalité arménienne.
Au menu. Trio de choc après une journée bien remplie : Vin – Cognac – Vodka, heureusement accompagné du lavach - le pain local -, de fromage de brebis, de viande de mouton et des délicieux légumes qui font la réputation de l’Arménie.
Avant la remise des bourses, nous rencontrons les boursiers avec qui nous découvrons les richesses naturelles…
...des paysages magnifiques...
… et culturelles du Haut-Karabagh.
La fabrique de tapis de Stepanakert.
… Le monastère de Ganzassar, à trois heures de bus de Stépanakert. Considéré comme le 3ème plus beau monastère arménien, les deux premiers étant actuellement en Turquie.
Au premier plan un paon, situé devant un des nombreux Khatchkar (pierre croix) du pays, symbole de la foi chrétienne profonde de ce peuple.
Nous achevons cette escapade par un généreux pique-nique composé des contributions de chacun. Après le repas, baignade dans la rivière voisine.
le 23 août, remise des bourses en présence de la télévision et de la radio locales.15 boursiers sont présents, une grand-mère représente ses deux petits enfants.
Chaque boursier reçoit le montant exact en drames - monnaie locale - de ses frais d’inscription à l’université en liquide.Il signe au préalable un registre et présente son passeport. Cette année, la moyenne des bourses est de 220 euros. La plus petite bourse est revenue à une future institutrice ( 80 euros), et la plus élévée à un étudiant en dernière année en stomatologie (560 euros)
 
Nous avons visité l’université. Ici nous posons avec notre correspondante devant le monument aux morts de la faculté. Entre 1992 et 1994, le conflit arméno-azéri a causé la mort de plus de 30 000 personnes.
 
             
  Rencontre avec le ministre de la culture de l’éducation et de sports. Autour d’un thé, le ministre nous a exprimé sa reconnaissance et fait part de ses espoirs quant à l’avenir de son pays.  
A 15 minutes de Stepanakert, Shushi, ville azéri entièrement détruite pendant le conflit. Alors que le conflit s’est déroulé plus de 10 ans auparavant, Shushi est une ville fantôme, dont la reconstruction commence tout juste ...
L’église, au Haut-Karabagh, est toujours le premier monument reconstruit …
Pour le reste, cela se passe de commentaire...
 
 
 
A deux pas de là, ?, plaine-falaise nous offre un splendide spectacle naturel.
 
             
Après ce séjour riche en découvertes, rencontres et émotions, rien de tel que quelques jours de repos à Yerevan, la capitale de l’Arménie.

Nous sommes rentrées en France, il faut bien le dire, soulagées pour nos pauvres estomacs peu habitués à ce changement de régime alimentaire et climatique. L’eau n’étant pas potable sur place, je me suis surprise encore deux semaines après notre retour à craindre l’eau qui sortait du robinet français !

Mis à part ces considérations matérielles - non négligeables à ce sont avant tout de magnifiques paysages, de nombreux visages et un sens aigu de l’hospitalité envers et contre tout. Une image sans doute plus forte, est celle de ces étudiantes, qui, restées très pudiques sur le sujet de la guerre, nous confièrent qu’elles choisissaient de ne pas en parler pour mieux oublier. Une guerre encore omniprésente dans les consciences, une situation politique non résolue, un cessez-le-feu bien précaire aux frontières et des familles comme vous et moi qui cherchent à survivre, pourquoi eux ? Pourquoi ?

De nombreuses thèses géopolitiques même contradictoires répondent à cette question. Nous sommes revenues toujours aussi démunies de réponses, mais fortement convaincues de la nécessité de soutenir une population qui pâtissait des conséquences d’une guerre qu’elle n’avait pour beaucoup pas choisie.